Le Winnipeg …

Invité le 30 août à la cérémonie commémorant le quatre vingtième anniversaire du départ du Winnipeg vers le Chili, transportant deux mille cinq cents réfugiés espagnols victimes du Franquisme, j’ai pu constater l’émotion qui émanait des propos du Président de l’association France-Chili lors de son discours, qui nous rappelait que nous sommes tenus à un devoir de mémoire.

Ce drame, cette guerre civile espagnole fut l’objet dans ma famille d’un événement majeur qui prit une dimension extraordinaire.

En effet à l’époque, le 12 juin 1937, mon grand-père, patron d’une société de manutention sur le port de Trompeloup, trouva un petit espagnol âgé de huit ans.Orphelin de père et de mère, seul sur le Ploubazanec, bateau en provenance de Santander. Affamé, dénudé, apeuré, il l’amena à ma grand-mère.

J’entends mon grand-père…

 » Yvonne, j’ai trouvé un petit enfant sur le Ploubazanec. Il faut le laver et lui donner à manger, il est malade… » Elle le lava, elle le nourrit, elle le soigna. Mes grands-parents l’éduquèrent au même titre que leurs trois autres enfants, Paul, Marc et Mauricette. Il était devenu membre à part entière de notre famille.

Ce petit espagnol de huit ans s’appelait

Antonio Villanueva

C’était mon oncle!

Cette belle histoire donne à réfléchir car cet exemple d’humanité et fraternité devrait nous inciter à  méditer sur l’avenir de notre société où l’humain est en disgrâce. La démocratie et la République doivent protéger les plus faibles. Lorsque celles-ci ne l’assument plus, chaque individu doit y pourvoir.